Il y a bien longtemps, une tribu maya vivait sur une île. Le chef de cette tribu avait une fille, la princesse Zazil Ha, qui aimait nager dans l’océan.
Un jour, alors qu’elle nageait, la princesse rencontra un étrange animal. Il était pris au piège dans le filet d’un pêcheur et n’arrivait plus à en sortir. La princesse libéra l’animal et l’emmena avec elle. C’était un bébé lamantin.
Il ressemblait à un enfant : il était gentil, affectueux et très joueur. Il fut donc appelé Teek Paal Kó (ce qui signifiait l’enfant de la mer). Il aimait être en compagnie de la tribu de la princesse et était heureux ainsi. Teek Paal Kó grandit. Il grandit tellement qu’il devint rapidement plus grand que les bateaux des pêcheurs.
Le chef de la tribu finit donc par aller voir Teek Paal Kó car il s’inquiétait de levoir devenir si grand. Mais il fut tellement surpris par la douceur de l’animal qu’il cria « mato, mato, mato ! ». Cela signifiait « magnifique » en langue maya, et c’est de là que viendra plus tard le nom de lamantin.
Teek Paal Kó resta avec la tribu, heureux de vivre ainsi. Il était comme un enfant du village. Tous les jours, la princesse et les autres enfants venaient le voir. Teek Paal Kó venait alors près du rivage, jouait avec eux, laissait les enfants grimper sur son dos et les emmenait nager dans l’océan. Bien évidemment il ne pouvait pas parler. Mais il communiquait tout de même avec les enfants en faisant de drôles de sons.
Un jour, des étrangers arrivèrent par la mer. C’étaient les conquistadors espagnols qui, avec leurs grands navires, venaient envahir l’île. Après avoir tenté de se battre, la tribu maya dû s’enfuir devant les envahisseurs étrangers qui étaient plus forts qu’eux car ils possédaient des armes à feu.
Teek Paal Kó resta donc seul. Il pleura, si fort que ses pleurs furent entendus par la princesse Zazil Ha, partie se cacher loin de là…
Un soir, alors que Teek Paal Kó mangeait de l’herbe sur le bord de la rive, un conquistador s’approcha de lui. Habitué à la présence des humains, Teek Paal Kó resta là et continua à manger paisiblement. Il ne s’attendait pas du tout à ce qui se produisit alors : le conquistador l’attaqua avec une lance. Le jeune lamantin apprit ainsi tristement que les hommes n’étaient pas tous pareils et que certains n’étaient pas aussi gentils que le tribu maya avec laquelle il avait vécu en harmonie.
À partir de ce jour, ayant peur des hommes, Teek Paal Kó retourna vivre sous l’eau, ne revenant à la surface que pour respirer. Il s’éloigna de l’île et ne revit plus la princesse.
Un jour, une terrible tempête éclata. Le ciel devint sombre et la rivière qui reliait une lagune à l’océan déborda. Teek Paal Kó fut emporté par les vagues jusque sur la terre. C’est alors qu’une silhouette familière s’approcha de lui : sa mère ! Elle avait été envoyée par la déesse de la lune, Izt Chel, pour le sauver et l’avait enfin retrouvé.
La maman lamantin embrassa son enfant et l’aida à rejoindre l’océan. Ensemble, ils disparurent dans les flots pour rentrer chez eux, là où elle le protégerait, loin des humains.
