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Voyager avec des enfants en bas âge : la galère ?

J’entends beaucoup de parents autour de moi qui ont peur de se lancer et de voyager avec de jeunes enfants. « Ils sont trop petits. » « Ca va être compliqué, ils ne mangent pas encore de tout. Et puis il y a les siestes, les horaires à respecter ! » « Le trajet va être long pour eux et pénible. » Etc etc. Alors, est-ce vraiment galère ?

Bien évidemment, chaque enfant est différent, chaque famille est différente, et chacun aura des expériences de voyage différentes. Je ne fais que vous partager les miennes ainsi que mon point de vue. Spoiler : les galères potentielles sont nombreuses (et parfois totalement inattendues), mais voyager avec des pitits c’est surtout plein de bonheur et de beaux souvenirs.

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Le tout premier « voyage » que j’ai fait avec le gnome, c’était pour aller assister à ma remise de diplôme à Paris. Il avait 6 semaines. Cette fois là, je n’y suis pas allée seule mais accompagnée par ma mère. Déjà parce que bon, c’était ma remise de diplôme quand même ! Et puis je ne me voyais pas du tout faire 3h de train, 2 jours sur place et retour seule avec bébé.

A peine montée dans le train, je me souviens m’être dit qu’effectivement ça n’allait pas être simple. Entre la poussette terriblement encombrante et qu’il faut porter pour franchir les marches d’escalier (y compris pour monter dans le TGV), et l’impression de transporter avec moi toute ma maison pour 2 jours seulement (plus les enfant sont petits et plus il y a à prendre)…

Une fois à Paris, il y a des escaliers partout à commencer par ceux des stations de métro. A chaque fois, il faut donc porter la poussette, et on ne peut pas dire que les gens se précipitent pour filer un coup de main… Mais c’est la seule véritable difficulté que j’ai rencontré au final. Pour tout le reste, tant que bébé est encore tout petit, c’est assez facile en fait. Durant la journée, nous nous sommes baladés, avec un porte-bébé une partie du temps pour faciliter les déplacement, et retour à l’hôtel pour récupérer la poussette. Nous avons fait des pauses biberons dès que nécessaire, que ce soit dans un café ou dehors au soleil. Pour changer le gnome, un petit matelas à langer transportable, un linge, et ça fait l’affaire peu importe l’endroit. Il a fait de bonnes siestes dans la poussette. Quant à la nuit, c’est également dans la nacelle de la poussette qu’il a dormi, mieux installé à cet âge que dans le lit bébé de l’hôtel, et c’est la première fois qu’il a fait une nuit complète. (Quand je parlais de beaux souvenirs, voilà le premier !)

avec bébé au Sacré-Coeur

C’est quand ils commencent à grandir un peu que les choses se corsent.

Galère potentielle n°1 : le trajet

Tant qu’on ne part pas trop loin, rien de compliqué. (Encore que, j’ai appris durement qu’il valait mieux avoir sous la main de quoi nettoyer le siège auto en cas de catastrophe lors des voyages en voiture…) Mais il en va autrement lorsque la destination est plus lointaine.

En voiture : Même si je n’ai jamais eu de problème à ce niveau avec le gnome quand il était tout petit, beaucoup supportent mal les longs trajets. L’avantage de la voiture, c’est qu’on est libre de choisir l’horaire et de faire des pauses. Prévoir que mini-gnome puisse dormir une partie du temps et couper les longs trajets en plusieurs étapes, ça aide déjà un peu.

En train : Il y a un peu d’espace, on peut bouger, aller explorer, et installer mini-gnome pour une sieste relativement confortable. Comme mode de transport, c’est assez agréable. (Si ce n’est que prendre le train en transportant toute sa maison ce n’est pas super pratique…) Niveau horaires par contre, c’est un peu moins flexible que la voiture. On essaye d’organiser au mieux en tenant compte des horaires de sommeil et des repas et là… le train est (très) en retard ! Adieu beau programme, bonjour galère… Hé oui, ça arrive. Mais restons zen, on survivra !

bébé dans le train
Photo de Flora Westbrook sur Pexels.com

En avion : Quel parent n’a jamais eu la hantise que son bébé hurle tout du long en prenant l’avion, dérangeant ainsi tous les passagers qui ne se gêneront pas pour exprimer leur mécontentement ? La première fois que j’ai pris l’avion avec le gnome, il avait 8 mois. A l’aller, aucun problème. Au retour par contre, voilà les pleurs tant redoutés, probablement à cause du changement de pression. D’une part, cela n’aura pas duré des heures, mais surtout, à la place des regards noirs auxquels je m’attendais, j’ai plutôt eu droit à des regards compatissants. Pas de quoi avoir peur au final !

La vraie galère à laquelle j’ai eu droit lors d’un voyage en avion aura été totalement différente de ce à quoi je m’attendais. C’était en revenant de République Dominicaine alors que le gnome avait 14 mois. Le pampers explosif juste au moment où on embarquait, dans la passerelle menant à l’avion. Et là, c’est le drame. Pas d’espace pour changer bébé, rien à disposition, plus de pantalon de rechange (c’était le retour de vacances), et une boule puante dans les bras au milieu des autres passagers. Après négociation avec une hôtesse à l’entrée de l’avion (pitiéééé !), elle m’autorise finalement à accéder aux WC de la première classe, seuls à être ouverts pour l’instant. Mais cela n’a pas été du goût des personnes déjà installées en première classe qui ont crié au scandale (ça y est, les voilà les regards noirs). Hop hop, nettoyage du gnome. Vous voyez à quoi ressemblent des WC d’avion ? Vous imaginez comme c’est super pratique ? Hop hop, lessive du pantalon. Ca y est, on va s’installer à notre place, et le gnome voyagera emmitouflé dans la couverture d’avion en attendant que le pantalon sèche durant le vol…

Moralité : toujours prendre un mini flacon de lessive, ça peut être utile. Moralité n°2 : la véritable galère sera toujours celle à laquelle nous n’avions pas pensé. Voyager avec des mini-gnomes, c’est aussi accepter l’imprévu.

bébé dans l'avion
Photo de Nicolas Postiglioni sur Pexels.com

(Je parlerai des jeux et activités pour occuper les enfants durant les longs trajets dans un autre article.)

Galère potentielle n°2 : les repas

Mini-gnome ne se contente plus d’un biberon, il est passé à l’étape des purées. Tant qu’on est chez soi, c’est facile, on lui prépare de bonnes purées faites maison et on varie les plaisirs. Mais quand on part en voyage ?

La première option et sans doute la plus facile, c’est de louer un appartement pour pouvoir cuisiner comme à la maison et y manger tranquillement. Problème résolu ! Sauf que, je ne sais pas pour vous, mais personnellement quand je pars en vacances, je n’ai pas toujours très envie de faire comme à la maison justement.

Seconde option: adieu bonnes purées maisons, bonjour petits pots préparés achetés en supermarché. Certains de ces petits pots ne sont pas si mal que ça, et puis bon, quand ce n’est que pour quelques jours ce n’est pas la fin du monde, même si en temps normal on n’est pas fan.

bébé qui mange
Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

C’est ce pour quoi j’avais opté à Rome lorsque le gnome avait 8 mois. Nuits à l’hôtel, journées passées à visiter, et les fameux petits pots pour le repas de midi qu’il n’y avait plus qu’à faire réchauffer dans un resto. Facile hein ? Sauf quand on se retrouve bloqué dans une file d’attente interminable au Vatican, que l’heure du repas approche, qu’on la dépasse, que ça dure bieeen plus longtemps que prévu et qu’on est coincé….

Finalement, en désespoir de cause, le gnome aura mangé son petit plat froid dans la file. J’ai de la chance que ce soit un ange qui ne s’est pas mis à crier famine malgré l’attente (je ne l’ai jamais habitué à manger à une heure précise mais plutôt dans une tranche horaire, ça facilite l’organisation en vadrouille), qui ne s’est pas plaint du fait que ce soit froid ni du contexte de ce repas un peu particulier…

J’en arrive à la troisième et dernière option : les restaurants. Bah oui, ça marche aussi pour bébé ! Certes, on trouve rarement « purée de carottes spécial bébé » sur le menu. Mais expérience faite, s’il y a des légumes à la carte et qu’on demande gentiment, on obtient parfois un bon petit plat pour mini-gnome. Bon ça ne marche pas à tous les coups, donc mieux vaut avoir un petit pot tout prêt au cas où.

Tant qu’on parle des resto, quand le gnome a grandi, j’ai découvert les joies des menus enfants : nuggets frites, steak haché frites, poisson pané frites… Très varié et sain, surtout quand on passe une semaine à l’hôtel et que c’est midi et soir. J’ai longtemps boudé les menus enfants du coup, demandant généralement une assiette de légumes et partageant un peu de mon plat.

bébé au restaurant

Et dans les pays où la nourriture est bien différente de chez nous ? L’assiette de légumes ça fonctionne en principe un peu partout. L’option « logement avec cuisine » aussi. Mais sinon, je pense que nous autres parents nous avons souvent trop d’à priori. La seule règle que j’ai toujours posée au gnome concernant les repas, c’est de goûter à tout. J’ai été plus d’une fois surprise de découvrir qu’il appréciait des plats improbables.

Galère potentielle n°3 : les siestes

Là encore, chaque enfant est différent et cela dépend également des habitudes qu’on leur a donné. Un enfant qui a toujours fait sa sieste tranquillement installé dans sa chambre où le silence règne aura vraisemblablement plus de mal à s’endormir sur un transat à la plage au milieu de l’agitation des touristes.

bébé dormant dans poussette

A ce niveau, j’ai eu de la chance : mon gnome s’endort à peu près n’importe où, encore maintenant, et le bruit ne l’a jamais dérangé. (Il faut dire que vu la configuration de l’appartement dans lequel nous habitions à sa naissance, il a rarement eu le luxe de s’endormir dans un complet silence.) A 14 mois, il a même réussi à faire la sieste sur un bateau alors que la fête bâtait son plein, avec la musique à fond et des gens qui dansaient faisant vibrer le pont. Non, je n’avais pas prévu que la sortie bateau tournerait ainsi, et je n’aurais jamais cru qu’il réussirait à s’endormir malgré cela…

Mais pour l’aider à s’adapter à un changement d’environnement, j’ai toujours veillé à maintenir un rituel du coucher quel que soit l’endroit où nous nous trouvions. L’autre point auquel être attentif, c’est la poussette : si on veut que mini-gnome dorme bien quand on est en vadrouille, il faut qu’il soit bien installé. Quand on passe à la poussette canne, il est donc important selon moi de veiller à ce qu’elle puisse s’incliner complétement et qu’elle ait une capote suffisamment grande pour créer un cocon confortable.

Et si malgré toutes nos tentatives (avant de partir en voyage !), bébé refuse obstinément de faire sa sieste durant les escapades ? Hé bien il est possible d’adapter notre façon de voyager, même si ça complique les choses. On peut par exemple opter pour un séjour dans un grand hôtel en all inclusive où on restera la plupart du temps pour retourner facilement faire une sieste dans la chambre. Ou prévoir un hébergement suffisamment centré par rapport à ce que l’on a envie de voir pour pouvoir alterner entre visites et retour à l’hôtel pour des temps de repos.

bébé et papa dormant
Photo de William Fortunato sur Pexels.com

Conclusion

Oui, ok, on peut rencontrer des difficultés en voyageant avec des enfants. Mais les galères, il peut aussi y en avoir quand on voyage sans enfant au final. Avec une bonne dose d’organisation et un soupçon de zenitude, tout ira bien. Ce sont surtout de merveilleux souvenirs : la première nuit complète du gnome à Paris ou encore son émerveillement la première fois qu’il a vu la mer et qu’il a découvert la joie de jouer dans le sable.

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