Manzanillo et le Refugio de vida silvestre Gandoca Manzanillo
C’est en bus que nous nous sommes rendus pour la première fois à Manzanillo depuis Cahuita. Il y a peu de bus faisant ce trajet dans la journée, et les horaires que l’on peut trouver sur internet ou affichés dans le village ne sont pas toujours fiables. (Nous en avons fait l’expérience en allant à Puerto Viejo…) J’avais donc vérifié la veille au guichet de la gare routière les horaires pour le trajet aller et pour le retour. Nous partons donc à 9h15 de Cahuita pour 45 minutes de trajet (coût : 1500 colones par personne) qui vont s’avérer quelque peu difficile. J’ai déjà vu des chauffeurs de bus conduire (trop) vite et eu des expériences un peu particulières en la matière (plus jamais je ne prendrai le bus à Rome je pense), mais jamais encore je n’avais eu l’impression d’être dans le magicobus d’Harry Potter, circulant à toute vitesse, évitant les obstacles sans ralentir et freinant brusquement lorsqu’il doit s’arrêter, projetant tous les passagers vers l’avant. Forcément, le gnome finit par avoir mal au cœur, et c’est un miracle que nous arrivions à Manzanillo avant qu’il ne soit malade pour de bon !

Le petit village semble désert. On sent qu’ici les touristes sont rares : un ou deux restaurants pour l’instant fermés, un mini supermarché et… c’est tout. En effet, peu nombreux sont ceux qui viennent aussi loin sur la côte pacifique. Pourtant, Manzanillo vaut le détour.
Nous suivons la plage jusqu’à l’entrée du parc national, le Refugio de vida silvestre Gandoca Manzanillo, passant le long des nombreux petits bateaux de pêcheurs.

A l’entrée du parc, quelques voitures sont garées dans le parking mais il n’y a pas foule. Le Refugio de vida silvestre Gandoca Manzanillo fonctionne sur donation, chacun étant libre de donner la somme qu’il souhaite avant de débuter la visite. Nous passons au guichet remplir le registre, faire notre donation et nous traversons la passerelle nous conduisant dans le parc national.
Dès les premiers mètres, nous découvrons une multitude de gros crabes qui se cachent dans leur trous à notre passage. Le gnome tente de s’en approcher le plus possible sans leur faire peur, puis s’amuse au contraire à passer et repasser pour qu’ils rentrent se cacher, ressortent, se cachent à nouveau et ainsi de suite. Le chemin est large au départ, longeant la côte au milieu des arbres épars. Un peu plus loin, nous arrivons à une petite crique ou l’on peut se baigner, protégée par un récif formant une belle piscine naturelle à l’eau turquoise peu profonde. En poursuivant sur le chemin côtier, nous atteignons ensuite le mirador, offrant une vue sur le rocher trônant seul au milieu des vagues et sur la côte.

A partir de là, le chemin se transforme en petit sentier et se fait peu à peu plus sauvage. À peu près sec ce jour, on voit qu’il doit être souvent très boueux vu son aspect. Et même là, je suis contente d’avoir prévu de bonnes chaussures.
Nous arrivons à une autre plage où deux surfeurs assurent le spectacle pour les quelques visiteurs présents. Le gnome quant à lui préfèrent parcourir les rochers à la recherche de crabes, petits poissons et autres animaux. Au bout, en grimpant sur les rochers, on peut accéder à une petite grotte. Si elle n’a pas beaucoup d’intérêt en soi, grimper permet par contre d’avoir une jolie vue la plage, un décor de carte postale quasi désert.

Après une pause au bord de l’eau, nous tentons de continuer encore un bout mais le sentier devient plus flou, plus glissant, et il n’y a plus personne du tout, ce qui effraie le gnome. Nous finissons par faire demi tour assez rapidement du coup, revenant ensuite vers la première crique que nous avions passer à l’aller pour aller s’y baigner un moment, avant de sortir du parc.

Il est temps d’aller manger au Maxis un délicieux rice and beans tout en profitant de la vue sur la mer depuis le premier étage. Mais la chaleur se fait sentir malgré les limonades rafraîchissantes et bien vite la mer nous appelle à nouveau à la baignade. Cette fois c’est à la plage de Manzanillo que nous allons donc. La plage est magnifique et même si les vagues sont un peu grosses et ne se prêtent pas vraiment à la baignade familiale, elle possède deux attraits indéniables. Tout d’abord, le long de la plage jusqu’à la sortie du village, il y a de petites tables installées sous les arbres où s’installer et pique-niquer à l’ombre. Et avec un peu de chance, on y voit même des perroquets ! Puis il y a l’épave échouée sur la plage un peu plus loin, de quoi susciter la curiosité du gnome qui a bien sûr voulu qu’on aille la voir de plus près.

Après toutes ces aventures, il ne nous reste plus qu’à prendre le bus pour retourner à Cahuita, heureusement avec un chauffeur différent : pas de magicobus cette fois !
Ara Manzanillo
Le projet Ara Manzanillo est un programme de sauvegarde et de réintroduction des aras verts, espèce menacée dont la population a considérablement diminué au Costa Rica au cours des dernières décennies. La réserve est située entre le village de Manzanillo et Puerto Viejo, mais l’accès n’en est pas des plus faciles. Quittant la route principale, il faut emprunter un chemin qui s’enfonce dans la forêt en grimpant. Même si ce n’est pas très long, la pente est raide. Très raide. C’est en voiture que nous y allons, et je suis bien contente d’avoir un 4×4. S’il est possible d’y accéder en prenant le bus puis en montant à pied, je ne me serais pas vue le faire avec le gnome.
Une fois en haut, nous sommes accueillis par un guide dans le petit parking. La visite coûte 20$ pour les adultes (à payer en cash) et est gratuite pour enfants. Elle débute par une brève présentation du projet, qui peut être complétée par la lecture de plusieurs panneaux d’informations. Le projet a débuté par la reproduction d’aras verts en captivité dans le but de les réintroduire dans une zone où leur présence s’était considérablement réduite. Ainsi, une quarantaine d’aras ont été relâchés dans la réserve. Certains se sont éloignés, mais la plupart reviennent quotidiennement profiter des compléments de nourriture offerts par les bénévoles du programme.

Partant de la constatation qu’il y avait toutefois peu de reproduction à l’état sauvage par la suite en raison des difficultés pour les aras verts à trouver un nid adéquat et de la présence de prédateurs s’attaquant aux œufs, les membres du projet Ara Manzanillo ont cherché à créer des nids artificiels. Réaliser de tels nids à été un vrai défi, le but étant qu’ils soient acceptés par les aras, difficiles dans leurs choix, qu’ils leur offrent à la fois confort et protection contre les prédateurs. Actuellement, il y a environ 25 nids artificiels dans la réserve et quelques uns dans les environs.
Après la présentation, nous avons l’occasion de voir les aras venus chercher à manger sur les différentes plates-formes autour de nous. Leur repas terminé, ils restent quelque temps à évoluer dans les airs autour de nous, allant d’arbre en arbre, offrant un spectacle magique aux visiteurs. Petit bonus : nous réalisons alors que l’une des guides parle également français ! Le gnome en profite donc pour lui poser un million de question sur les aras et sur le travail effectué par Ara Manzanillo, jusqu’à ce qu’il soit l’heure pour nous de partir.

| 👀 Activités | ||
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| Refugio de vida silvestre Gandoca Manzanillo | Donation de votre choix | |
| Ara Manzanillo | Adulte : 20 USD Enfant : gratuit | https://aramanzanillo.org/ |
1 réflexion au sujet de “Manzanillo : un air de bout du monde sur la côte caraïbe”