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Le refuge de Curú, entre randonnée et découverte de la bioluminescence

Jour 13 (suite) : Refuge de Curú

Le refuge national de faune de Curú se situe juste au sud de Paquera, sur la péninsule de Nicoya. A l’entrée, nous nous arrêtons auprès d’un ranger dans sa guérite pour payer et nous inscrire sur le registre avant qu’il ne lève la barrière pour nous permettre de continuer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas donné : pas de tarif enfant ici, l’entrée coûte 15$ par personne peu importe l’âge. Nous poursuivons en voiture sur près de 3 km de piste avant d’atteindre le parking, près de la plage de Curú. Ici on trouve un centre d’information pour les visiteurs avec le plan des sentiers ainsi que le stand de Turismo Curú avec qui nous avons réservé une excursion pour ce soir, le gnome ayant demandé à voir un phénomène de bioluminescence. Je passe donc juste leur confirmer notre présence dans le parc (comme il nous fallait être entrés avant 15h30 même si le tour débute à 17h) avant d’aller randonner. 

Nous reprenons en sens inverse la piste que nous venons d’emprunter en voiture, à pied cette fois-ci. Mais à peine la sortie du parking atteinte, nous voilà déjà arrêtés : un groupe de singes hurleurs passant par là accapare notre attention !

Le refuge de Curú comprend plusieurs sentiers de longueurs variées permettant de découvrir différents habitats. La richesse de ce refuge repose sur cette variété : mangrove, forêt tropicale sèche et humide, prairie et plage offrent un environnement idéal pour de nombreux animaux.

Nous débutons par le sentier Cangrejal partant dans la mangrove. Malheureusement, il est trop boueux et nous sommes finalement contraints de faire demi tour. Avant cela, nous aurons tout de même eu le temps de voir une biche traverser le sentier avant de filer entre les arbres, ainsi qu’une multitude de crabes, certains minuscules, que le gnome craignait d’écraser sous ses pas, et d’autres bien plus grands, partant se cacher sur notre passage. 

De retour sur la route, nous continuons plus loin à travers la réserve, longeant la rivière. Et cette fois, c’est un tatou que nous avons la chance de voir ! Sur les conseils de la guide de Turismo Curú vue au stand, nous empruntons le sentier Ceiba. Il n’est pas très long, mais nous prendra finalement pas mal de temps car nous y observons de nombreux animaux : un groupe de capucins à face blanche dans les manguiers, passant de branches en branches à la recherche des meilleures mangues et jetant au sol celles qui ne sont pas à leur goût (attention à ne pas rester au dessous d’eux!), deux groupes de singes hurleurs, un petit agouti et 6 ou 7 biches au total, chacune en solitaire, dont certaines peu farouches se laissant approcher d’assez près sans broncher. 

Lorsque nous rejoignons la piste, l’après-midi est déjà bien avancé. Nous retournons jusqu’à la plage en suivant la route et, chemin faisant, nous croisons plusieurs oiseaux dont des perroquets, un cerf, et à nouveau des singes. 

Le gnome ne veut pas se baigner mais uniquement se promener un peu le long de la plage et jouer dans le sable. J’en profite tout de même pour aller mettre les pieds dans l’eau en admirant les pélicans. Soudain, une biche passe juste à côté du gnome tandis qu’il construit un bateau avec les bouts de bois trouvés dans le sable ! Malheureusement, la pluie se met à tomber… Faiblement, mais suffisamment pour nous embêter… Juste alors que l’heure de notre sortie en bateau approche. 

C’est donc sous l’averse que nous embarquons dans un petit bateau avec une autre famille, venue de Suisse également, le guide de Turismo Curú et le capitaine. Longeant tout d’abord la côte, nous parvenons à la Playa Quesara, dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Mais les photos Instagram donnant l’image d’une grande et magnifique plage ont conduit à sa perte, attirant de trop nombreux visiteurs sur ce qui est en réalité une toute petite crique de sable blanc. Notre guide nous explique qu’un jour, 400 personnes se sont s’entassées là, dans cet espace bien trop restreint. Suite à cela, le gouvernement a décidé de fermer l’accès à la playa Quesara afin de la préserver, jusqu’à ce qu’un accord puisse être trouvé pour en réguler l’accès.

Le bateau nous emmène ensuite à Isla Tortugas. Il s’agit de deux îles en réalité, l’une sauvage et l’autre dont la grande et belle plage a été totalement défigurée par le tourisme de masse : des centaines de transats, empilés à cette heure car il n’y a plus personne sur l’île, des tables de pique-nique abritées serrées les unes aux autres sur toute la longueur de la plage. Tout ce que je n’aime pas… C’est un spectacle désolant que nous n’avions encore vu nulle part ailleurs au Costa Rica. Heureusement que l’Isla Tortugas est déserte à présent. 

Il pleut toujours, et nous ne pouvons donc pas vraiment profiter des lieux… Mais les structures ont au moins le mérite de nous abriter pendant que nous mangeons des fruits frais. Pendant ce temps, le capitaine, les pieds dans l’eau, pêche des poissons à l’aide d’un simple sceau pour venir les montrer aux enfants avant de les remettre à la mer. 

Nous patientons sur la plage jusqu’à ce que le nuit tombe et notre guide en profite pour nous expliquer le phénomène de bioluminescence. En bref, il s’agit de planctons réagissant à un apport d’oxygène dans l’eau provoqué par le mouvement. Enfin le ciel s’assombrit et nous remontons à bord, partant à la chercher d’un endroit où il y aura une forte concentration de ces planctons. 

Contrairement aux photos que l’on peut voir où la mer semble lumineuse en elle-même, en réalité la bioluminescence n’est observable que lorsqu’il y a du mouvement. C’est donc le passage du bateau qui fait scintiller les vagues tout d’abord, de petites lumières sautillant telles des lucioles sur notre chemin ! Mais cela fonctionne également lorsque nous interagissons et une fois le bateau a l’arrêt, c’est en plongeant nos mains dans l’eau que nous illuminons les flots.

Le gnome est totalement fasciné par les lumières et ne cesse plus d’agiter sa main ! Enfin, nous avons la possibilité de descendre dans l’eau pour s’y baigner, des milliers de petites lumières s’agitant tout autour de nous. C’est un moment magique ! (Bon, le gnome finit par prendre peur car il fait nuit noire et que nous ne voyons plus rien à part ces scintillements dans l’eau, et il remonte bien vite sur le bateau.)

Malheureusement la baignade est écourtée : la pluie fine se transforme en déluge et il nous faut rentrer au port au plus vite avant que ce ne soit une véritable tempête qui se déchaîne et qu’il n’y ait plus aucune visibilité pour naviguer. De retour à la plage de Curú, nous sommes tous trempés et tremblant car la température a chuté et le vent dû à la vitesse du bateau a achevé de nous geler.

Vu les trombes d’eau qui ne cessent de tomber, le parking est déjà inondé et cela va continuer à empirer. Vite vite, on se change, on sort les ponchos pour rester au sec le temps de rejoindre la voiture et on file avant que la route ne devienne impraticable. Pour ressortir du refuge de Curú, il nous faut emprunter en sens inverse la piste en terre de près de 3km. Dans la nuit noire. En plein déluge. Alors que des passages sont déjà inondés. Autant dire que je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout rassurée….

Heureusement, l’autre famille passe devant avec leur 4×4 qui m’ouvre ainsi la voie. Le chemin paraît interminable. Nous croisons un raton laveur qui nous a force à nous arrêter et je crains que nous n’arrivions plus à redémarrer vu la boue, mais ouf, on continue. Enfin voilà la sortie ! De là, plus qu’une dizaine de minutes à rouler sur la belle route goudronnée qui nous conduit à Paquera où nous passerons la nuit.

Avant de rejoindre nos pénates, un stop repas s’impose et c’est sur la pizzeria Kincho’s Pizza que le gnome jette son dévolu. Le restaurant est désert et la patronne nous accueille comme des rois. Les pizzas sont assez bonnes, pour des pizzas à l’américaine.

Nos ventres bien remplis, il faut ressortir sous la pluie battante (courage…), reprendre la voiture pour une minute à peine et nous voilà arrivés à Mapi’s Cabin. La chambre n’est pas formidable mais correcte; le motel avait surtout l’avantage de se trouver à faible distance du refuge de Curú et d’être bon marché.

👀 Activités
Refuge de Curú 15 USD par personnehttps://curuwildliferefuge.com/
Tour de bioluminescence – Turismo Curú35 USD par personnehttps://www.turismocuru.com/

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